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  • Bénédicte

Pourquoi je n'ai pas allaité

Mis à jour : 30 mai 2019

L’allaitement est un « vrai » sujet. De ceux qui déchaînent les passions. J’ai fait le choix de ne pas allaiter. Et même si j’avais voulu le faire, cela aurait été compliqué pour moi.

J’ai accouché de mon fils par césarienne d’urgence. Tout s’est passé à mille à l’heure. Personne ne m’a demandé si je souhaitais faire la tétée d’accueil, pour vous dire un peu l’état dans lequel j’étais, ainsi que mon fils qu’on a placé immédiatement en couveuse.

Il est arrivé un 31 janvier, je l’ai véritablement rencontré un 1er février. Après cet accouchement, que je raconterai, je ne me voyais pas gérer un allaitement. Le peu d’amies qui ont des enfants ont allaité pendant un temps. Ça a été très dur d’accepter mon corps post-accouchement, post-césarienne, post-grossesse, post tout en fait et rajouter un allaitement … je n’avais clairement pas la force. J’admire ces mamans qui allaitent, parce qu’en fait, je trouve que c’est super courageux et je n’en avais pas à ce moment-là.

Moi, je ne pouvais pas, en voici les raisons.


La sexualité


Alors c’est super naïf probablement mais je ne me voyais pas donner le sein puis avoir une sexualité épanouie à côté. Je trouve ça bizarre. Dans l’idée ça ne me mettais pas à l’aise du tout. J’ai mis du temps à accepter mon corps et retrouver une sexualité épanouie et « normale » a mis du temps, comme dans tous les couples après l’arrivée d’un enfant. Dans mon imagination, allaiter au milieu de tout ces bouleversements signifiaient l’arrêt d’une sorte de glamour. C’est très bête de ma part et j’assume aussi cette pensée de l’époque. À la maternité c’est zéro intimité, zéro glamour zéro rien … sauf que de l’amour. mais vraiment BEAUCOUP d’amour. Parce que j’ai du demander à mon mari de m’aider à changer ma culotte une fois aux toilettes de ma chambre. Et j’en garde un souvenir présent de ces instants de vulnérabilité totale. Allaiter ? Certainement pas dans ces conditions. Je voulais retrouver une vie de couple, me sentir belle, me sentir glamour et l’allaitement était à des kilomètres de me donner cela.


Le tire-lait


Lorsque je pensais à l’allaitement, je pensais série netflix assise sur le canapé en train de pomper mon lait et c’était HORS DE QUESTION. Je ne suis pas une vache. Voilà. C’est dit. Et en même temps, il n’y a rien de dégoûtant là-dedans, c’est même naturel. Mais c’était impossible pour moi de m’imaginer faire cela. J’ai une poitrine dite généreuse, j’avais pris encore plus de poitrine et tirer mon lait signifiait pour moi avoir des seins gros comme des pastèques et NO WAY. Je ne voulais pas ouvrir le frigidaire le matin et voir mes packs de laits datés etc … Non, ce que je veux dans mon frigo c’est notre alimentation basique.


La liberté


Bon … Nous sommes d’accord … toutes les femmes qui allaitent sont libres. D’une certaine manière. En toute honnêteté, je ne voulais pas dépendre de mon enfant pour sortir. J’avais la poussette, le thermos d’eau chaude, le biberon, les doses de lait et voilà. Évidemment, c’est beaucoup plus cher et plus lourd dans le sac à langer. Mais allaiter était pour moi, synonyme de perte de liberté. Ça voulait dire pas de restaurants, pas de cinéma, pas d’alcool (j’avoue). Ça voulait dire aussi que mon mari ne pouvait pas m’aider. J’imaginais de suite cododo et solitude. Quand tu allaites, tu restes seule quand même.


Le partage des tâches


Cette solitude je ne la voulais pas. Avoir un enfant est déjà suffisamment bouleversant. Je ne me sentais de gérer tout toute seule. Je voulais que mon mari puisse aussi se réveiller la nuit, préparer et donner le biberon, pouvoir s’en occuper dans la journée sans que je sois là. Avec l’allaitement, c’était de suite impensable.


CONCLUSION


J’aimerai bien allaiter. Essayer du moins.

Alors je sais bien que j’étais pleine d’idées préconçues mais pour allaiter, on doit vraiment pouvoir se sentir la force, l’énergie et les valeurs de le faire. À l’époque, je n’avais rien de tout ça. Maintenant, si nous avons la chance d’avoir un deuxième enfant, je me dis « pourquoi pas ». Juste essayer. Et on aura tellement galéré pour l’avoir que bon … je me sens déjà de faire cette expérience.

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